Effets collatéraux du découpage administratif : Bembou (Kédougou) Une commune délaissée

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Depuis 2008, le Sénégal compte 14 régions, 45 départements et 557 communes. Une nouvelle reforme territoriale qui entraîna sous Wade une modification des données politiques, économiques et sociales. Après l’érection de Kaffrine, Sédhiou et Kédougou en régions, tout a changé!

Cependant, si pour les uns, le nouveau découpage administratif du Sénégal est d’une cohérence irréprochable, les autres soutiennent le contraire. Ils pensent qu’il fallait une véritable recomposition   de nos territoires en fonction de leurs potentialités naturelles et de leurs traits culturels.

Mais, avec les événements malheureux de  Sangalkam et l’existence de centaines de villages érigées en commune sans infrastructures, le doute peut bien se permettre.

Cap sur Bembou, une commune située à 40 km de Kédougou, qui vit les dégâts des dernières modifications territoriales.

Rattachée administrativement à la préfecture  de Saraya, Bembou est  érigé en commune en 2008.Ce village d’environ 2000 habitants et à vocation exclusivement agricole souffre énormément de l’isolement et de la précarité des conditions de vie.

Les habitants de cette localité font face courageusement à une multitude de problèmes aussi complexes les unes que les autres. Du manque d’électricité à la quasi-inexistence de commerces en passant par l’insuffisance des infrastructures sanitaires et scolaires, tout manque à Bembou.

« La commune de Bembou  accuse un retard flagrant dans le développement local et les pouvoirs publics  ne se soucient outre mesure par le devenir de cette bourgade livrée à elle-même » se désole Monsieur Moro Samoura, le Président du Conseil Communal de la Jeunesse.

Bembou, semble, aujourd’hui, avoir raté le train du développement tant sur le plan économique que social. A ce jour, l’équipe municipale peine à faire son «  boulot » faute de local. La Mairie n’est toujours pas livrée et sert d’abri pour les chèvres et les moutons. Dans cette commune située à 14 km de Saraya, il n’existe pas d’infrastructures culturelles et sportives, ni aucun moyen de distraction.

Pourtant, ce visage désolant et mélancolique qu’offre cette localité cache, néanmoins, des paysages et des sites féeriques qui auraient pu constituer la plaque tournante d’un secteur aussi vital qu’est le tourisme.

Le vide qui  meuble le quotidien des habitants de Bembou en général et des jeunes en particulier n’est il pas causé par l’injustice relative au découpage administratif ?                      

A vrai dire, la quasi-totalité des villages érigés en commune sont des coquilles vides. Autant dire que la dernière reforme territoriale n’a pas été  cohérente et des mesures doivent être prises pour corriger  certaines erreurs.

Pour cela, commencons d’abord par annuler tous les découpages  qui ont été effectués pour des raisons électoralistes et sans aucun intérêt réel pour les populations concernées. Des decoupages  qu’Abdou Latif Coulibaly jugeait comme  «un détournement d’objectif et de procédure »

Il faut ensuite repenser les modifications territoriales  de façon responsable en tenant compte des critères de développement à l’échelle rurale .Aussi, l’implication des services techniques de l’Etat est sans condition afin d’appréhender les avantages et inconvénients liés aux besoins des « villageois » et  de mettre en place des réalisations concrètes et rassurantes en faveur des administrés.

Quid du projet de Macky Sall à revoir les dernières reformes territoriales ?

En tout cas, les découpages opérés dans les régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda méritent  d’être « revisités » car le  Sénégal a  besoin de régions fortes et bien structurées que  d’autres  formes de modifications « tordue ».

 

Par Papa Matar Thiobane

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